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Dimanche 2 avril 2006
Pourquoi les entreprises licencient tant de quinquas avant l'age de leur retraite ? Essayons d'y voir plus clair...

Le sort des quinquas et seniors devient de plus en plus inquiétant. Au chômage c'est le parcours du combattant pour obtenir, dorénavant, un emploi.

En échange, ceux-ci se voient réduit à accepter un emploi au SMIC, sans que leur expérience ne soit reconnue ou leur qualification. La France d'en bas devient misérable alors que nos politiciens continuent de s'enrichir !

Pour les entreprises, peu importe à ceux-ci, que leurs salariés fassent un travail de qualité. La conscience professionnelle ne veut plus rien dire, aujourd'hui. Nos patrons ne recherchent plus qu'une chose : le Profit. Les entreprises recherchent de plus en plus des gens qualifiés mais en leur offrant des salaires dérisoires qui les démotivent.

Quand aux seniors et quinquas qui continuent de travailler leur sort est devenu peu enviable. Ils vont subir dorénavant une foule d'inconvénients :

- moins de formations
- moins de promotions
- moins d'augmentations
- des mises au placard
- voir l'utilisation du harcèlement pour les pousser à démissionner,perdant ainsi leur prime d'ancienneté ou tombant malade.

La précarité aussi est devenue une mode aujourd'hui. Les contrats sont à durée déterminée trop souvent et les missions intérims remplacent, peu à peu, ceux qui ont travaillé dans cette entreprise oubliant ceux qui lui ont permis de se faire un nom. Aujourd'hui, seul compte pour eux le bénéfice etla rentabilité grace aux machines, même si c'est au prix de la destruction des familles dans de nombreuses régions.

Alors que notre Gouvernement ne cesse de déclarer que ses caisses sont vides, ceux-ci montrent un bien mauvais exemple, en continuant toujours le cumul de leurs mandats, sans y avoir rien changé si ce n'est 70% d'augmentation.

Ils laissent aussi nos entreprises se délocaliser, appauvrissant notre pays, sans s'inquiéter combien de temps encore ils pourront recevoir des salaires mirifiques dans un pays en train de couler.

Qui dit perdition des entreprises dit aussi augmentation de la pauvreté de ce pays. Est-ce que les 16 millions de contribuables qui travaillent encore en France vont pouvoir encore soutenir un pays de 63 millions d'habitants en se tuant au travail sans qu'ils leur reste de quoi vivre décemment ?

Comment s'expliquer que nos dirigeants continue de s'accrocher à leurs nombreux mandats, à un age surprenant (+70 ans voir 86 ans et +) alors qu'ils laissent mettrent à la porte les quinquas et seniors de la population qui ont encore besoin de travailler pour pouvoir toucher une retraite de plus en plus "illusoire" à l'horizon ?

N'y a-t-il pas là une attitude contradictoire de la part de nos politiciens ? N'est-on pas en droit de s'interroger et de se demander si ceux-ci ne tiennent pas plutôt l'attitude suivante : celle du profit personnel et de l'égoïsme en refusant de laisser leurs places aux autres ? En oubliant de reparler du cumul des mandats aussi sans rien voir voter ? Ces questions restent à méditer aujourd'hui...

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Source : Fruitymag, le magazine libre de droit
Par Erotica51
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Mardi 4 avril 2006
Si l'on peut dire que les sectes au sens premier du terme (latin secare = couper ou sequor = suivre) groupe qui se détache des racines traditionnelles, ont toujours existé ce terme a pris de nos jours une résonance et un impact nouveaux qui font peur à tel point que le 07/05/1996 le gouvernement français a créé un observatoire interministériel et que la liste des organismes reconnus comme "sectes" au sens négatif du terme peut être accessible sur Internet.

C'est ainsi que l'on sait qu'en 2005, des sectes, il y en avait plus de 200 répertoriées de façon officielle car il y a bon nombre d'entre elles qui ne sont pas déclarées comme associations et donc ne peuvent être enregistrées administrativement. La loi a en France une position délicate à gérer sur ce terrain car le respect de la liberté des consciences et des droits de l'homme sont souvent en conflit avec une lutte efficace. Pourtant l'accroissement du nombre des sectes et le fait que leur cible ait changé sont devenus suffisamment inquiétants pour que les pouvoirs publics s'en mêlent et nous savons que des procès sont en cours.

En effet ils ne s'attaquent plus seulement comme on le croît trop souvent à des adultes désemparés, pourvu qu'ils aient bien entendu un compte en banque bien garni ou à des intellectuels parfois de haut niveau mais qui se posent des questions, leur nouveau domaine de recrutement est un public de plus en plus jeune qu'ils appâtent dans les clubs de foot, les centres de rattrapage scolaire, de médecine naturelle, de réalisation de soi etc .etc . Aucun domaine n'est plus vraiment à l'abri et il faut être très vigilant.

Deux questions se posent : pourquoi cet accroissement, et pourquoi cette nouvelle cible ?

En ce qui concerne la première question des quantités d'explications ont déjà été avancées. Pour n'en citer que les plus évidentes il faut mentionner la déchristianisation de notre société alors que l'être humain se définit par un besoin d'idéal, le désintérêt pour les religions traditionnelles qui accompagne le rejet des parents qui les symbolisent, la peur de l'avenir qu'offre la société actuelle avec son chômage et son terrorisme et qui jette les jeunes dans des groupes "sauveteurs".

Ayant "tué" le Père et l'Autorité, ils ont, comme on le répète, perdu leurs repères et sont déstructurés. Ces mêmes jeunes, fidèles représentants d'une société du prêt à consommer et du prêt à penser sont capables de suivre n'importe quelle proposition de bonheur "clé en main" surtout quand elle résulte d'un zapping commode entre différentes religions où, comme au supermarché, on ne prend que ce qui intéresse. Face aux duretés de la vie la secte offre des communautés chaleureuses et fraternelles, des certitudes de solutions, de la reconnaissance et de l'écoute, un mieux-être et une plus grande spiritualité et pour cela certains tombent dans des fonctionnements très contraignants alors qu'ils étaient à la recherche de plus de vérité et de liberté.

La deuxième question est : pourquoi les sectes se tournent-elles vers les jeunes ? Tout simplement parce qu'il y a là un immense marché qui s'est ouvert et si leur potentiel de financement n'est qu'à l'état embryonnaire ce sont eux qui vont bientôt être aux commandes de nos sociétés désenchantées : l'investissement vaut le coup tant la proie est vulnérable. De plus les jeunes sont un immense réservoir d'informations aussi bien sur eux-mêmes que sur leurs familles ce qui enrichit la puissance de manipulation des sectes.

Enfin n'oublions pas que maintenant nous avons en face de nous une nouveauté : les enfants des adeptes de sectes qui n'ont, quant à eux, jamais connu autre chose que l'endoctrinement qui avait attiré autrefois leurs parents ; ils forment à peu de frais un réservoir pour toutes les formes de prosélytisme.

L'argent recherché de tout temps par les sectes sert à l'acquisition du pouvoir qui s'impose de plus en plus en tant qu'objectif. Et si les adeptes ne fournissent pas autant de cet argent convoité, qu'à cela ne tienne, d'autres méthodes se sont développées activement ces dernières années et nous sommes des non-adeptes de plus en plus nombreux qui effectuons des dons à des associations en toute bonne foi et qui consommons certains produits vendus par des sociétés-écrans alimentant ainsi sans le savoir les sectes qui se cachent derrière.

Tout cet argent va au gourou et lui sert à acheter ses châteaux, ses jets, ses yachts, et surtout à corrompre les politiques pour avoir le pouvoir à travers eux.

Source : Fruitymag, le webzine au contenu libre de droit
Par Marie-Christine PFAFF
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Mercredi 5 avril 2006
Contrairement à nos illusions rétrospectives la violence à l'école a toujours existé. Ce n'est pas un phénomène nouveau, propre à notre société moderne.

En 1880 une révolte éclate dans le premier lycée de jeunes filles de Bordeaux et les externes démolissent les barrières, brisent des vitres et débitent des obscénités à leur directrice ; en Mars 1883 une rébellion saccage le fameux lycée Louis-le-Grand malgré l'intervention des forces de l'ordre les élèves retranchés dans un dortoir cassent les lits et les lavabos et attaquent 3 sergents de ville avec des barres de fer. Il semble bien qu'on se soit toujours battu entre garçons dans la cour de récréation ou bien " à la sortie " Certains endroits des cours de récréation échappaient au contrôle des surveillants car une certaine tolérance existait envers une violence juvénile propre au milieu populaire. Bref la nostalgie du passé ne doit pas laisser croire à un âge d'or.

Mais il est vrai que des mutations profondes sont venues bouleverser le système scolaire français.
La plus grande caractéristique de ce système au départ est la séparation des publics scolaires. L'école pour tous est au départ une école du peuple , enfants d'ouvriers ou de paysans, ils accèdent à l'emploi par l'apprentissage et le travail précoces sans qualification. Les instituteurs ont pour mission de repérer les meilleurs et de favoriser leur promotion ; un système de bourse les aide et ils entrent dans la fonction publique souvent comme instituteurs d'ailleurs.

Le lycée est une institution bourgeoise accessible aux seuls enfants des classes favorisées des grandes villes et des préfectures et qui se défendent farouchement contre "l'envahissement des boursiers" en les orientant dans des filières incompatibles avec la voie royale des Lettres Classiques. C'est donc la naissance qui importe et l'école est aussi inégalitaire à cette époque que la société dont elle est issue.

Dans ce système l'instruction compte plus que l'éducation, l'élève plus que l'être humain ; on est attaché à la séparation des sexes, à la défiance envers tout ce qui touche le corps et l'expression spontanée ( on peut voir ce qu'il en reste aujourd'hui dans la place du sport et de l'enseignement artistique ) ; l'ordre et le contrôle règnent aussi bien sur les élèves que sur la vie privée des enseignants.

La seconde caractéristique est la régulation : à chaque type d'école correspond un type d'enseignant adapté car le recrutement départemental d'instituteurs souvent eux-mêmes issus du peuple les fixe dans des cultures qu'ils connaissent. L'effet en est qu'il existe une certaine connivence intellectuelle implicite entre les maîtres, les élèves et leurs parents qui sont d'accord sur "les règles du jeu".

Enfin ce système repose sur l'exclusion massive des élèves issus des milieux populaires de la scolarité longue : le cancre et l'échec scolaire ne sont pas des problèmes car les élèves qui refusent l'école ont rapidement la possibilité d'y échapper. Quant aux problèmes des enfants migrants, ils sont inconnus car leur scolarité n'est pas obligatoire, jusque vers les années trente et de toutes façons ils quittent vite l'école.

Plusieurs mutations déstabilisent alors fortement ce système. L'intégration massive de tous les enfants et l'inflation provoquée par la multiplication des diplômes transforme certes l'école en un moyen de mobilité ascendante mais elle n'accroît pas l'égalité des chances, elle creuse au contraire les écarts et provoque une chute et une exclusion sociale pour certains. Avant la sélection s'effectuait en amont de l'école par la position sociale, maintenant elle s'effectue par la hiérarchisation des filières, le choix des langues etc. Un élève de terminale L est moins défini comme un " littéraire " que comme un élève refusé en "S".

L'école ne tourne plus le dos à la société mais elle doit " s'ouvrir"; les enseignants ne sont plus protégés par le caractère "sacré" de leur fonction et les nouveaux collégiens ne correspondent plus aux normes anciennes de l'institution : plus de connivence, plus de respect tacite des règles du jeu, plus de connaissance même de ces règles. S'il y a une élévation générale du niveau des élèves, les enseignants expérimentent une chute quand ils comparent ces nouveaux élèves aux anciens qui avaient été fortement sélectionnés en amont. Avant de pouvoir donner un cours les enseignants doivent maintenant "créer" les conditions qui lui permettront de faire la classe.

Au départ, les violences scolaires qui apparaissent sont un prolongement des conduites non scolaires dans les murs de l'école. Ces nouveaux publics adolescents qui n'avaient jamais été scolarisés jusque-là, sont loin de la "culture" scolaire et se conduisent comme ils le feraient dans la rue : se lèvent, se battent, parlent fort. Cela est très difficile à supporter par les enseignants car la distance culturelle entre leurs élèves et eux s'est accrue.

Mais se développent également des violences construites contre l'école et ce sont les plus dangereuses. Comme l'école nouvelle creuse les écarts et crée de l'échec scolaire les élèves choisissent de résister à l'humiliation que cela entraîne en créant une hiérarchie des valeurs qui renverse celle de l'école. Le leader est celui qui ne se laisse pas impressionner par les enseignants, qui répond, menace, règle ses comptes devant la classe protégé par le soutien de ses camarades ou leur silence car il n'y a de pire faute que de passer de l'autre côté : c'est de la collaboration.

Avant l'injustice sociale expliquait l'échec scolaire, maintenant ce sont les qualités personnelles de chacun ce qui est trop difficile à affronter : pour sauver l'image de soi il faut attribuer la responsabilité de l'échec à la méchanceté des professeurs, à leur mépris et à leur volonté d'humilier. Pour cette raison la violence à l'égard des enseignants ou les dégradations dans l'école sont rarement dénoncées car elles revêtent une fonction d'exemplarité. La perte des repères, concept à la mode, la dévalorisation des diplômes, le désarroi face à l'avenir conduit les jeunes à s'enfermer dans l'univers de leurs pairs où l'emportent l'immédiateté et le magique, en niant ou fuyant systématiquement la réalité, ses règles et ses contraintes dans des "conduites à risques".

Source : Fruitymag, le mag au contenu libre
Par Marie-Christine PFAFF
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Dimanche 9 avril 2006
L'Assemblée Nationale reste encore mystérieuse pour bien des contribuables. Voici une façon de mieux en comprendre le fonctionnement et de s'y rendre pour la découvrir.

Le principe de la publicité des débats du Parlement, consacré par l'article 33 de la Constitution de la Vè République, remonte à la Révolution française. Il se traduit, en particulier, par la présence du public aux séances de l'Assemblée.

Article 33 - Les séances des deux assemblées sont publiques. Le compte rendu intégral des débats est publié au Journal officiel. (...)

Pour connaître le programme de la séance publique, vous pouvez :

- consulter le site : www.assemblee-nationale.fr/agendas/odj.asp

- appeler le répondeur de l'Assemblée : 01.40.63.77.77

Individuels :

Les personnes désireuses d'assister à une séance doivent se présenter 33 quai d'Orsay. Préalablement (au moins une semaine à l'avance), elles doivent se munir d'une carte d'invitation ( ou "billet de séance") qui peut être obtenue auprès d'un député, dans la limite des places disponibles. Les séances de questions au Gouvernement des mardis et mercredis sont réservées aux individuels.

Groupes :

Il est possible pour un groupe de 30 personnes maximum d'assister à une séance de l'Assemblée nationale.

L'assistance à une séance de l'Assemblée nationale, bien évidemment gratuite, dure environ trois quarts d'heure. Elle est précédée de la projection d'un film de 12 minutes sur le rôle des députés et le fonctionnement de l'Assemblée.

Elle n'est possible que les jours de séance, lorsque l'Assemble nationale est en session (la session ordinaire commence le premier jour ouvrable d'octobre et prend fin le dernier jour ouvrable de juin), à l'exception des mardis et mercredis pendant les questions au Gouvernement (de 15 heures à environ 16 heures).

Si l'Assemblée ne siège pas le jour prévu, l'assistance à la séance se transforme automatiquement en une visite des locaux du Palais-Bourbon.

L'attention des groupes est attirée sur le fait que les porteurs de billets individuels sont prioritaires et, qu'en cas d'affluence, les groupes doivent libérer les places, sur simple demande, d'un agent de l'Assemblée.

Avertissement :

Le public admis en séance se tient assis et découvert. Il doit observer le silence et ne donner aucune marque d'approbation ou de désapprobation.

Une tenue correcte est exigée (pour les hommes : veste, blouson à manches longues, pantalon long) Vestiaire obligatoire et gratuit.

Les réservations s'effectuent, par l'intermédiaire d'un député [ Accès au Trombinoscope des députés], en téléphonant au service des affaires administratives générales : 01.40.63.64.08

Infos site: http://www.assemblee-nationale.fr/infos/assister.asp

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Par Erotica51
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Mardi 11 avril 2006
Depuis quelque temps les organismes gouvernementaux tels que le Conseil Supérieur de l'audio-visuel et diverses associations relancent un débat récurrent : la violence à la télévision est-elle à l'origine de la recrudescence de la violence chez les jeunes ?

Le raisonnement est le suivant : les jeunes regardent de plus en plus la télé vision, or la télévision offre de la violence donc les jeunes deviennent de plus en plus violents. Ce raisonnement est apparemment rigoureux mais n'est-il pas finalement simpliste si l'on creuse un peu voire dangereux s'il tend à nous cacher les véritables causes de cette violence que l'on cesse ainsi trop facilement de comprendre.

Tout d'abord qu'entend-t-on exactement par trop regarder la télévision ? Les sondages et les statistiques nous donnent 3h par jour par enfant, certes, mais ils ne nous rendent pas compte de la nature de cette consommation. Or on sait que très souvent les adolescents allument le poste en toile de fond quand ils rentrent seuls chez eux, comme autrefois leurs parents avec les postes de radios. Dans ce cas il ne s'agit pas d'une attention exclusive portée à l'écran, mais d'un bouche-trou qui comble des temps vides plutôt que des temps libres. D'autre part ces statistiques ne rendent pas compte non plus de la fréquence des conduites de "zapping" chez ces adolescents. Enfin l'audience est parfois très forte certes mais pour les émissions porteuses de rêve comme l'émission Star Académy, les feuilletons qui dépeignent leur univers : rappelez-vous il n'y a pas si longtemps le succès des séries du genre "Hélène et les garçons", les émissions "surnaturelles" qui leur permet au contraire de fuir cet univers. L'expérience montre aussi qu'ils regardent plus volontiers une re-transmission des "Sous-Doués" que de "Rambo".

Oui la télévision présente de la violence mais nous n'avons pas non plus d'analyses fiables sur l'impact réel de cette violence ; le téléspectateur même jeune n'est pas un pantin passif incapable de se ré-approprier ce qu'il voit. Certaines scènes de violence déclenchent le rire alors que d'anodines émissions sur des stars peuvent raviver la frustration d'enfants de chômeurs. Et puis cela nous rappelle un débat qui remonte à Aristote pour qui les grandes tragédies servaient de "catharsis" c'est-à-dire en quelque sorte d'exutoire : le fait de vivre la violence par procuration nous ôterait tout besoin d'être violent nous-mêmes dans la réalité.

La télévision fait ses programmations par rapport aux sondages, au précieux "audimat" qui conditionne la présence des annonceurs publicitaires : demandons-nous alors sans hypocrisie pourquoi elle nous offre tant de violence. Ce n'est pas la vie qui imite la télévision : cette dernière est avant tout un pur produit de marketing et ce sont nos goûts qu'elle reflète et nous ne sommes pas tous jeunes. Certes il est plus simple d'attaquer la télévision que de se poser les vraies questions, de constater par exemple que la consommation massive de la télévision correspond aussi à la montée de l'exclusion sociale, de constater aussi que cette consommation correspond à une absence de loisirs autres. La vie est violente, et les journaux d'informations montrent davantage de violences que certaines séries télévisées. On peut se demander pourquoi certains détracteurs s'acharnent contre la télévision plutôt que de lutter contre la drogue, la vente d'armes, la corruption des politiques, le délabrement des environnements familiaux, toutes les formes de précarité et d'exclusion et j'en passe : toute situation qui en faisant perdre aux jeunes leurs valeurs et leur confiance dans l'avenir sont génératrices de violence par nature même.

Il est vrai que la frustration engendrée par l'impuissance à lutter contre une violence quotidienne conduit souvent à chercher un bouc émissaire et cela explique que périodiquement on se retranche dans le même combat plus familier. N'oublions pas en chemin que l'attrait de la transgression de l'interdit a toujours été et sera toujours un moteur puissant pour des adolescents et la multiplication des carrés ou des triangles rouges et verts peut prendre un caractère incitatif.

Posons-nous la question de la multiplication des jeux vidéos qui plongent dans des univers virtuels ou ni la violence ni même la mort ne posent problème puisqu'on peut avoir plusieurs vies...Il serait intéressant de faire une étude comparative avec la sur-consommation télévisuelle; et que penser de la télévision "baby-sitter" chez les nouveaux parents et de ce programme spécialement mis au point pour les bébés diffusant des images relaxantes alors de la sieste.

Aux Etats-Unis où nous assistons à des réactions parfois très violentes elles-mêmes d'associations contre la violence télévisuelle. N'oublions pas que les armes sont en vente libre dans la majorité de ce pays.

N'avons-nous pas en fait la télévision que nous méritons ?

Source : Fruitymag, le webzine libre de droit
Par Marie-Christine PFAFF
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